Attente, incertitude, panique et compagnie
Un peu de sérieux pour une fois - en rapport avec les affaires de fesses, tout de même.
Comme beaucoup de monde, j'appréhende de faire les dépistages MST. Non pas que je prenne beaucoup de risque - mon médecin, spécialiste du VIH à une époque, me traite de parano, en me disant que c'est cette parano qui me maintiendra en bonne santé - mais bon, le risque zéro... pouêt pouêt !
Je ne suis pas non plus assez débile pour chercher à atteindre ce risque zéro - il est inatteignable, et en supposant qu'il le soit, il y a tant d'autres risques qui nous tueront avant.
J'irai même plus loin, ce n'est pas tellement le résultat du test qui me stresse, mais l'attente. Je connais suffisamment de personnes séropositives pour savoir que sans être une partie de plaisir (du tout du tout), ce n'est pas une raison suffisante pour mettre fin à ses jours à la lecture d'un test positif. On peut encore accomplir beaucoup de choses en ayant attrapé cette saloperie, même si on est sûr de finir par y rester (mais bon, encore une fois, on y restera tous un jour ou l'autre, one way or another...).
Tout ça pour dire que j'ai vraiment toujours beaucoup beaucoup de mal à me décider à aller me faire tester. Ça rentre dans le cadre beaucoup plus général de mes phobies, qui sont toujours très difficiles à combattre - j'ai passé 10 ans sans voir le dentiste à une époque, avant d'arriver à me convaincre d'y aller tous les 6 mois depuis quelques années. Après beaucoup trop de mois/années, mardi dernier, j'ai enfin trouvé le courage d'affronter ma peur. Ou du moins de prendre rendez-vous avec le charmant infirmier, de me faire piquer, et de me mettre à paniquer comme un malade pendant 24 heures... “Et si...” “Et si...” “Et si...” J'ai bien cru devenir fou. Je ne supporte ni l'incertitude, ni l'attente. J'en étais presque à vouloir que ce soit positif et à être débarrassé de l'incertitude (quand je stresse, je stresse).
En plus, la jeune fille à l'accueil m'avait laissé entrevoir des résultats le jour même, et en appelant avant la fermeture, on m'a répondu qu'il faudrait attendre le lendemain - désespoir, c'est-à-dire mélange lexo+donormyl pour m'assommer histoire d'arriver à passer la nuit.
Le lendemain à 15h, j'appelle, c'est prêt. Je chevauche la Good-As-You-Mobaïle, et me voilà parti. Je me gare à 150 mètres, histoire que la marche me calme un peu - il y avait une place juste devant le laboratoire. Je prends l'enveloppe, demande si je dois leur régler quelque chose - rien. Pas le temps de sortir du labo, j'arrache la feuille de l'enveloppe. Tout est négatif. Je suis sonné, je n'arrive même pas à me réjouir.
Je vais suivre les conseils de Tomdom (revus à ma sauce) : puisque je peux faire faire des analyses sans ordonnance - ce que j'ignorais - à mes frais, j'y retourne le mois prochain, histoire de banaliser la chose. Rien que d'écrire ces lignes, j'ai des frissons dans le dos...
Posté le 09/06/2009 à 11h25 dans Général







